Il ne sublime pas, il pénètre. Ils est témoin de la vie sous l’aspect le plus anodin de celle-ci : sa quotidienneté. Mais qui sait regarder au-delà de l’apparence ?
À 56 ans, cet artiste peintre parisien aux fortes racines lotoises (il possède depuis 40 ans une maison à Fons) a su traverser plusieurs décennies fertiles en recherches et écoles picturales, de l’après-guerre à nos jours, sans dévier d’une démarche créatrice personnelle : la pénétration d’une réalité environnante vécue par chaque être humain dans une quotidienneté qui lui échappe souvent. Dès lors, on comprend pourquoi il n’est pas un réaliste : la réalité ne semble l’intéresser, au vu de ses toiles, que dans la mesure où il s’introduit à l'intérieur de celle-ci, comme pour en saisir le comment et le pourquoi, sans jamais tomber dans le piège tentant d’un certain didactisme.
Ses toiles parviennent parfois à la limite de l’abstraction (paysages et natures mortes en particulier), quand les éléments d’une réalité apparente se fondent littéralement en un tout dans la dynamique des lignes comme dans celle des couleurs. La palette du peintre est particulièrement riche dans les gris et les bleus que rehaussent, ça et là, des bruns et des ocres et où interviennent, par touches rares, des rouges qui apparaissent comme des fulgurances dans cette réalité retrouvée.
Marqué à l’évidence par une conception classique de la peinture au niveau de ses exigences formelles, il est particulièrement contemporain, fils de cette seconde moitié du siècle, par les thèmes qu'il traite et qu'il pénètre : la paix, la violence, l’effort, –la vie. Et trois portraits sont là, dont les regards par leur puissance expressive et interrogative, apparaissent comme une réponse du peintre à ses visiteurs