Fischman, qui a 27 ans, expose au salon des jeunes peintres depuis 1948. Son talent–incontestable le rattache à l’une des tendances les mieux définies de ce salon, celle qui fait son sujet de prédilection d’un univers d’arbres, d’eaux, transposé sur la toile en larges touches d’humus fertile. Chez lui cependant la poésie de telles « péniches à Issy-les-Moulineaux », de tels sous-bois d’Île-de-France inondés, se fait jour à travers une économie du tableau souvent plus subtile, une poésie plus fine que chez certains « jeunes peintres ». Il s’agit de savoir où le mènera un souci très perceptible d’éviter les perspectives qui creusent le tableau, et de traiter celui-ci comme une pure surface plastique, et ce que deviendra sa couleur lorsqu’il ne l’obligera plus à se faire jour à travers une couche d’ocre, qui parfois d’ailleurs prend des nuances dorées.