Ce qu'écrit Madame Moser, conservatrice du musée de Brive-la-Gaillarde, à propos de l’exposition d’Alex Fischman en mars 2000 


L’œuvre est portée par une ossature de lignes de forces créant des plans de failles et des clivages. Ces découpages visuels de la surface picturale représentent aux yeux de l’artiste autant de fractures sociales, autant de hiatus humains qu'il veut exprimer et impressionner sur les toiles. S’il jongle avec des aplats de couleur qui se combinent en des effets de contraste d’harmonie, utilisant les bleus,violets, noirs, rouges, jaunes, bleus-verts, c’est pour mieux traduire les ténèbres et la lumière ressentis sur un plan psychique : l’artiste nous entraîne dans un monde qui le choque ou le blesse par ces mécanismes humains, tout en laissant fuser par la fraîcheur et l’aspect vif de certains tons, la perspective d’un bonheur pour les générations suivantes.

Ainsi, le propos dominant de cette exposition est l’œuvre d’un peintre dans l’histoire ; un être cherche à transmettre un désarroi existentiel suscité par les événements, et pour cela il utilise la peinture, son moyen de transmission, langage codé qui est un foyer de rencontre et de communication. Face aux constats faits en observateur conscient de son temps, il conjugue intériorité, réflexion, et sentiment, en termes d'images significatives. Il sait qu'il n’en tirera aucun bénéfice autre que la liberté de pouvoir et de savoir l’exprimer. Le peintre Jean Bazaine a écrit : « Avant d’être un instrument de volupté, l’art est une affirmation des droits de l’homme. Plus le peintre est grand, plus cette affirmation est péremptoire… L’art est provoqué par l’ardente volonté de l'homme d’affirmer son existence, de représenter sa condition pour mieux la comprendre et s’en libérer, en un mot face à son destin. La peinture est au long des âges une forme de témoignage infatigable de l’appel de la liberté. »


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